Harouna Aliou Maïga, connu dans le milieu artistique malien sous le pseudonyme de « Djomen-B », figure parmi les rescapés de l’attaque d’un convoi d’artistes survenue le 29 juillet 2021 dans la région de Tombouctou, au nord du Mali. Cette attaque avait conduit à l’enlèvement du rappeur malien Amadou Kébé, alias « Dr Keb », et de plusieurs membres de son équipe, suscitant une vive émotion au sein de l’opinion publique et du milieu culturel malien.
Le 28 juillet 2021, le rappeur Dr Keb et son équipe avaient rejoint Tombouctou à bord d’un vol de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dans le cadre d’une tournée musicale consacrée à la paix et à la réconciliation.
Plusieurs concerts étaient prévus dans différentes localités de la région, notamment à Gourma-Rharous, Goundam et Niafounké.
Le lendemain, jeudi 29 juillet, alors que le groupe se dirigeait vers Gourma-Rharous pour poursuivre ses activités artistiques, le convoi a été intercepté par des hommes armés.
Selon les informations rapportées à l’époque, plusieurs membres de l’équipe ont été enlevés, dont le rappeur Amadou Kébé, plus connu sous le nom de « Dr Keb ».
Parmi les personnes concernées figuraient également le journaliste Aziz Maïga, alias « Aziz ne ment pas », Ousmane Coulibaly, connu sous le pseudonyme de « Dr Bacozy », et Alfousseiny Touré, surnommé « Dr Alouss ».
La dernière communication connue avec l’équipe remontait au jeudi 29 juillet 2021, alors qu’elle quittait Tombouctou pour se rendre à Gourma-Rharous.
Djomen-B, un rescapé de l’attaque
Contacté par nos soins, Harouna Aliou Maïga, alias « Djomen-B », revient sur les circonstances dans lesquelles il a échappé à l’attaque. Selon son témoignage, le groupe voyageait à bord de deux véhicules distincts lorsque les hommes armés ont intercepté celui qui transportait Dr Keb et une partie de son équipe.
« Nous étions partis en deux convois, à bord de deux voitures différentes. C’est la voiture de Dr Keb qui a été interceptée, parce qu’elle se trouvait devant nous. Notre chauffeur a réussi à nous faire échapper après une poursuite et des tirs de sommation des djihadistes. Malgré tout, il a réussi à les semer et à nous conduire dans un lieu sûr », raconte Djomen-B.
Son témoignage apporte un éclairage sur les circonstances de l’attaque et sur la manière dont une partie du groupe a pu échapper aux assaillants. Alors que le véhicule de Dr Keb était intercepté, les occupants de la seconde voiture ont réussi à prendre la fuite grâce à leur chauffeur. Un incident qui a profondément marqué notre interlocuteur sur le plan psychologique. À travers sa voix, on percevait un homme profondément affecté.
Une mobilisation après les enlèvements
L’enlèvement de Dr Keb et de ses compagnons avait provoqué une vive inquiétude parmi leurs proches, leurs admirateurs et les acteurs du monde culturel malien.
Les artistes s’étaient rendus dans la région de Tombouctou pour participer à une série de concerts destinés à promouvoir la paix, la cohésion sociale et la réconciliation nationale.
Leur disparition avait rapidement suscité de nombreuses réactions ainsi que des appels en faveur de leur libération.
Un épisode marquant pour le milieu artistique malien
L’attaque du convoi de Dr Keb reste un épisode marquant de l’insécurité qui a touché les acteurs culturels dans le nord du Mali en 2021.
Elle a notamment mis en évidence les risques auxquels étaient exposés les artistes et les organisateurs d’événements culturels dans certaines zones affectées par l’insécurité.
Almamy Samory

